Comment je prêterai jamais mes pines-co…

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Je peux pas dire que j’aie beaucoup de copines. J’en n’ai jamais eu beaucoup d’ailleurs. Et ça m’a toujours fait flipper.

Quand j’étais petite j’étais timide. Et toutes mes copines étaient tellement plus belles, et tellement plus intéressantes, et tellement plus drôles. Pis d’abord je me demandais bien pourquoi elles avaient accepté que je sois leur copine…
Alors j’ai jamais voulu fêter mon anniversaire. Tu dois te dire qu’en plus je suis sacrément con. Mais, attends, imagine que personne n’ait envie de venir. Imagine que les gens viennent juste pour se moquer de moi. Imagine que mes copines se rendent compte que je suis nulle comme fille. Imagine que tout le monde s’ennuie. Imagine qu’après ça je me retrouve toute seule…

J’ai organisé ma première soirée d’anniversaire pour mes 30 ans. Je me suis fait violence. Paraît que ça se fête 30 ans. Alors j’ai fait la meuf trop à l’aise. J’ai même poussé le bouchon jusqu’à imposer une soirée costumée. J’ai fait péter le thème égocentrique par excellence. La lettre M. Comme Maud. J’ai invité 30 personnes. 30 ans, 30 potes. J’ai pas lésiné sur le budget.

Et là je les ai vues. Mes copines. Elles avaient l’air de m’aimer encore. Peut-être que j’étais pas si nulle que ça. Et j’étais loin du compte.

30 ans, 6 mois et 2 jours. Réveil à 9 heures. Ma petite soeur a dormi là cette nuit. Café en pyj. Et on sonne à la porte. Et le défilé des copines commence. Je m’habille en speed. Ah y en a une qui a apporté des croissants! Elles sont bien réveillées les gonzesses. Moi, et ma tête dans un orifice anatomiquement obscur, on plane un peu. On comprend pas tout de suite qu’on n’a pas le droit de toucher aux croissants… On a un plateau spécial. Une boîte de sardines et un godet de vodka.

Je comprends rien. Je me vois courir dans ma chambre pour trouver 5 culottes et des baskets. Un pull, un maillot de bain, une robe, un pantalon de ski. Mes médicaments et ordonnances. Ma trousse de toilette et une paire de bottes de pluie. Tout le monde s’agite dans une organisation effrayante. Elles sourient. Ou pas. On me pousse, on m’enferme dans la salle de bain. On me libère. Les filles sortent une par une. Avec mon pliage rose. Sans ma trousse de toilette. J’ai envie de gerber. J’empeste la sardine et la vodka. Une clope. Ça change rien… En un regard les filles se dispatchent dans 2 voitures. Je monte avec ma soeur. En route bonne troupe.

Et la musique. Le roi lion. Aladdin. La belle et la bête. On prend l’A1. Les aristochats. Mulan. Les sardines et la vodka. Pocahontas. Je pige que dalle. On s’arrête. On me bande les yeux. La vodka n’apprécie pas. Entends-tu chanter les esprits de la montagne? On s’arrête encore. Pour manger. Je peux rien avaler, j’ai toujours pas digéré mes sardines pimentées… Je vais te le peindre en mille couleurs l’air du temps, tu vas voir!

Un enregistrement audio. Mon amoureux. Qui s’excuse. Qui est désolé de me décevoir. On ne va pas à Disneyland. Suis larguée, ça collait pourtant.

Et rebelote, et je vois rien. Je m’imagine être la fille de Liam Neeson dans Taken. Un péage, on tourne à droite. Un dos d’âne. On ralentit, on tourne, beaucoup. On s’arrête, on n’est pas dehors. Mon coeur fait des bonds. Putain je pensais pourtant avoir des copines de confiance… Elles vont m’enterrer vivante. Elles vont m’abandonner dans un bunker menottée à un vélo sans selle. De la lumière… Artificielle. Un parking. Une saleté de grand parking. Elles sont toutes là, elles attendent que je comprenne. Terminal 2. Oh putain. On est à Roissy. Oh putain. Oh putain.

Je sais pas. Je suis. J’arrive pas à réfléchir. Ma soeur on dirait Barracuda dans l’Agence Tous Risques. Elle mène son monde. Sans un mot. Elles sont grave connectées. Elles bougent en binômes. Aucun hasard. Je me sens perdue. Je suis une petite fille. Ah, il se passe un truc. Une dernière copine nous rejoint. J’hallucine, elles se connaissent et se reconnaissent toutes. Et elles m’entourent. Et me plantent devant les vols en partance. Maud, choisis.

Je peux pas choisir les filles. Je pars où vous voulez, je reste dans l’aéroport avec vous tout le we. Je m’en fous. Je vous aime.

Maud, choisis. Leipzig, Ibiza, Marrakech, Dublin, Marrakech, Madrid, Marrakech… Putain, bien sûr qu’il me fait de l’oeil Marrakech, mais si c’est pas ça… Si je dis Marrakech et que c’est Leipzig… Je veux pas les décevoir…

Maud, choisis! (Marrakech?).
Marrakech. Oh putain. Marrakech. Oh putain. Oh putain.

Rien à foutre de jamais avoir organisé de fête d’anniversaire. Rien à foutre de pas avoir 36 copines. Moi j’ai une soeur formidable. Moi j’ai des amies formidables. Moi j’ai eu un enterrement de vie de jeune fille digne des mille et une nuits.
Je suis entourée de nanas extras, toutes différentes, qui m’aiment et que j’aime. Et j’ai vécu dans ce riad un WE magique, avec des rires, du jus d’orange, des larmes, des musiciens, des cadeaux, des ex dans les flammes, des mojitos, du quad dans le désert, et des secrets. Nos secrets.

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3 Comments
  • Akwelle
    19 février 2015

    Coeur coeur paillettes 😉

  • Manman
    19 février 2015

    Moi aussi, je veux enterrer ma vie de jeune fille!!!

  • Mimine
    25 février 2015

    J’aurais dû faire comme toi plus petite 😉 En tout cas, ton EVJF tu le méritais 😉
    Et ton article est super top !!!

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