Comment j’ai failli étriper de la vendeuse…

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Noël 2012. Kinder Surprise. Bague de fiançailles. Julia Roberts dans le mariage de mon meilleur ami. 27 robes, le témoin amoureux, Sissi l’impératrice ( ne me juge pas…).

Evidemment je n’ai pas tout su tout de suite. Par contre j’ai su tout de suite ce que je ne voulais pas. Je ne voulais pas de robe choucroute.
Donc. Nous démontrerons ici que choisir sa robe de mariée n’est pas chose aisée quand on a un cul digne de ce nom.

L’ortho débordée que je suis est le soir une cliqueuse acharnée. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, j’avais rattrapé 2 saisons de 4 mariages pour une lune de miel, tous les épisodes de Cristina Cordula, et écumé tous les sites spécialisés dans la robe de mariage. Je savais que j’étais un 8 (ma chéwie), que je ne voulais ni blanc ni couleur ni plumes ni strass ni traîne. Je savais que globalement j’avais des goûts de luxe aussi. Et comme toutes les meufs j’imaginais que courir les magasins de mariée avec ses copines et sa frangine ça allait être le pied. Grave erreur.

Première étape, sélectionner les modèles trop faits pour ma morphologie t’as vu. Les ranger par ordre de préférence. Appeler les magasins, les témoins, bloquer les RDV. Ok, je suis grave organisée. J’ai 2 semaines avant le premier essayage de rêve. Je dois perdre 7kg. Je pars une semaine au ski dans 5 jours. Chaud. Tant pis, le ski sans fondue, c’est pas le ski. Allez, on boucle les valises, MoonBoots, Damart. On s’arrêtera à Paris, près de l’Elysée (ça claque hein?) au retour pour retrouver la DreamTeam des témoins de choc. Je pense à échanger les après-ski contre des talons sur l’aire de Dijon-Brognon. Je m’épate.

Tut tut tut!!! Cris de joie! Nous y voilà!!! Oh la belle boutique! Oh les belles robes!! Oh les 30 minutes d’attente… Oh la mine désabusée de la vendeuse filiforme quand je lui avoue à voix basse que je fais du 40/42… Oh le choix de robes qui se réduit à vue d’oeil… Oh la phrase qui tue… « Nos robes sont exposées en 36/38 Melle, vous ne rentrerez pas dedans, mais ça peut vous donner une idée ».
Sourires d’encouragement de mes supportrices. C’est parti. En cabine. Mettez-vous en sous-vêtements.
Fou rire.Trop organisée la meuf. Elle a pensé à tout, sauf à son super soutif rose bonbon. Culotte assortie en plus! La honte, épisode 1.
Enfilez le jupon.
Fou rire. Tu la vois la sirène en jupon transparent sur culotte rose? La honte: épisode 2.
Tortillez-vous sur 12cm de talons plantés dans une estrade en cuir de 40cm et regardez bien comme vous êtes ridicule dans notre robe meringue à 4000 boules taille 36 anorexique!
Pfff, même plus honte connasse. De 1, baisse les yeux, t’as pas les moyens de te l’acheter toi, cette robe, avec ton salaire de vendeuse. Et de 2, t’as pas honte de participer à ça? Tu crois que la fiancée moyenne fait un petit 36?!
Allez les filles, on se casse, on va s’offrir un verre de Chablis en terrasse.

Retour à Lille. Un autre Rdv. Même bordel. Pourquoi je fais pas du 36. Encore un Rdv. Il est moche le magasin. Même ma filleule adorée dit NON en voyant les catalogues. On me fait essayer des robes en 46/48. Avec des pinces à cheveux pour tenir le bazar dans le dos. Glam. Bref.
Dépitée. C’est nul d’essayer des robes de mariée. C’est nul de faire du 40/42. J’aurais pas du en reprendre de cette putain de fondue. (Le Chablis c’est pas pareil, ça fait pas grossir).

Je vais aller noyer mon chagrin dans un Nespresso, je croiserai peut-être Georges. Ou alors je vais me retrouver devant une boutique de mariée… A laquelle j’avais pas pensé… Elle est pas mal cette robe en vitrine. Le magasin est bondé. J’hésite. Allez, j’entre me confronter à une nouvelle Barbie imbue d’elle-même qui va regarder mon cul comme un obstacle infranchissable. M’en fous. Je cherche Barbie du regard. Elle est cachée où cette conne. « Mademoiselle ? » Oh une petite dame souriante. Je regarde son cul. Du 40. « J’ai repéré une robe en vitrine ». Pas le temps de lui montrer laquelle, elle devine. Il paraît qu’en me voyant entrer elle m’a tout de suite vue dans cette robe. Je propose de revenir au calme. Elle me traîne derrière les cabines, il n’y a plus de place. Elle me fabrique une cabine de fortune en tenant elle-même un paravent. J’ai un body bleu électrique. Une larme, je repense à l’humiliation en face de l’Elysée. Et le jupon. Que c’est laid un jupon. Et elle me passe la robe. J’entends la fermeture éclair remonter tout le long de mon dos. La robe ferme. Rien ne déborde. Suis même pas serrée. « Sortez vous regarder ». Je suis pas sûre. Y a du monde quand même dans la boutique. Allez ma grosse, du courage. Le miroir. Je commence par les pieds (je les reconnais, c’est les miens, ok). Et je remonte. Les hanches. La taille. Oh dis donc elle est bien marquée ma taille en fait. La poitrine. Wahou. Contre toute attente, putain, je suis belle. Larme. Je l’attendais celle-là, on m’en avait parlé. La larme. Celle qui dit :  » c’est ma robe ». J’ai trouvé. Je ne pensais plus la sortir cette larme, j’avais commencé à insulter mes copines mariées qui m’avaient toutes dit  » tu verras, quand ce sera la bonne robe, tu n’auras aucune hésitation, tu sauras, et tu chialeras ». Eh ben putain, elles avaient raison les garces! (Penser à leur dire que je les aime).
Un coup d’oeil sur le prix. Smile. Un coup d’oeil sur la taille. 40. Smile. Un coup de fil à Maman. J’ai trouvé.

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2 Comments
  • ann'so
    26 janvier 2015

    moi aussi je t’aime 🙂

  • Emmanuelle LM.
    10 mai 2015

    Non mais les robes des vendeuses connasses sont faites pour des chinoises, forcément ça ne peut pas coller!
    (Ta robe t’allait à ravir 😉 )

Suis moi !

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