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Comment elle s’appelle ta Maman?

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Vla l’histoire.

C’est long.

Tu me connais peut-être déjà un peu. Je suis la fille sur 10 qui saoule ses contacts Facebook avec des posts sur l’endométriose. C’est pas que je veux me plaindre hein, mais si y a une autre meuf, quelque part, qui me lit, et qui sait pas trop pourquoi elle douille sa reum tous les mois, ça vaut peut être le coup d’emmerder le monde un peu. Enfin je sais pas. C’est pas le sujet vraiment.

Enfin c’est comme ça que je me suis retrouvée avec une première opération sur la triade magique utérus-vagin-rectum. (Imagine la triade magique sous une pluie de paillettes, ça passe mieux va). Après ça, en bons élèves disciplinés, mon mari et moi avons pu mettre en pratique nos années d’entraînement en rock acrobatique, histoire de profiter de la petite fenêtre de 6 mois qui venait de s’ouvrir, et vérifier que les bébés ne se commandaient pas chez Jardiland livrés dans des choux. On n’a pas de jardin, ça nous arrangeait vachement cette histoire. Après 3 mois de dur labeur (les connaisseurs confirmeront que c’est mieux quand c’est dur), la petite graine de championne était confortablement installée et prête à grandir bien au chaud pendant 9 mois.

Le bonheur. Le plus pur et le plus époustouflant bonheur de ma vie. Un bonheur tellement intense, tellement renversant. Un bonheur rien qu’à moi. Enfin. Mon tout petit bonheur de championne. Ce petit bonheur là a offert à sa Maman la révélation qu’elle attendait depuis si longtemps. La confirmation que devenir Maman était la plus belle aventure de tous les temps. (Et pas de tous les taons, même si ces bestioles-là se reproduisent aussi hein. C’était pour pas te faire trop braire. L’entracte est terminé). N’empêche qu’en plus de toutes ces cucu(l)teries maternelles, ma petite championne a offert à sa Maman les premiers mois de répit de sa vie.

Des mois sans avoir mal. Des mois sans hémorragies. Des mois sans Tramadol. Ni Codéine. Des mois sans le combo Tampax-Maxi-Always-Super-Night-Plus-Double-Culotte. (Quand tu sens que c’est un peu trash pour toi, jeune Padawan, reprends donc une gorgée de paillettes, je le dirai pas à chaque fois). Je bénis ces mois de grossesse. Ces putain de semaines d’aménorrhée. Je n’avais jamais été aussi sereine de toute ma vie. Et la championne, qui s’était confortablement installée, tu te souviens, bien au chaud et tout et tout? Tu suis? Page 2 alinéa 17. Bah elle était toujours confortablement installée dis donc. La mini-meuf, elle était là, assise, à l’aise, en tailleur. Le cul en bas, la tête en haut, les genoux pliés pour tenir la guitare près du feu sans doute. Tranquille Marcel, joue nous un petit air de Santana pour faire plaisir à Papi. Du coup, pour pas trop déranger ma princesse, on a organisé une contre-soirée avec cartons d’invitation, masque, gants, scalpels. Et ma Romane est arrivée par césarienne, 3 jours avant la date prévue, parce qu’une baby-ado ça soigne son entrée.

Je te dirai pas que c’était la plus belle et la plus adorable des bébés du monde entier. Tu crois encore que c’était ta fille la plus belle. Je préfère te laisser y croire un peu. (Me remercie pas). Et mon cœur, ma tête, chaque parcelle de moi vivait sur ce petit nuage merveilleux qui ne pensait qu’à elle. Mais le petit nuage a perdu un peu d’altitude. Petit à petit. Jusqu’à ce que mis bout à bout, le retour de couches, les cycles, les douleurs, les hémorragies viennent lui faire toucher terre. Le retour à la réalité. Sans doudou rose qui sent la lessive, sans les paillettes hormonales de la zenitude.

Ma copine l’endométriose était colère. Je lui avais cloué le bec 8 mois. Elle rêvait de vengeance.

Et c’était reparti. On retourne à Versailles. On refait des examens. A poil dans l’irm. Ah qu’est ce qu’on est serré, au fond de cette boîte. Si tu veux un deuxième bébé ma vieille, va falloir rempiler rapidos. Tu le vois le coup de l’horloge biologique qui tourne. Bah là c’est pareil. Avec un décompte de bombe à retardement. Tic. Tac. (Sur mon brouillon j’avais fait 12 lignes de Tic Tac, mais t’es pas encore prêt à tant d’humour).

On a ressorti les chaussures de danse et le lecteur K7, Elvis, et on a repris le rock acrobatique. (Quelle santé!). Et crois moi ou pas, bah c’est comme le vélo. Ça s’oublie pas. Et 2 semaines plus tard, un petit pousse de champion avait emménagé dans l’ancienne piaule de sa frangine. Tout pareil.

Je vais pas te la refaire dégoulinante de bonheur. Mais encore une fois, mon petit nuage doré a traversé la piste de décollage et survolé ces nouveaux mois parfaits. Gonflée à bloc la meuf. Invincible.

Mais si t’as tout suivi, tu sais que ma triade magique a déjà un peu morflé. T’imagines bien qu’une pluie de paillettes ça suffit pas à effacer les cicatrices. Et le gynéco l’avait bien compris. Le petit champion est déjà obligé de prendre sa soeur comme modèle. On va programmer une petite chouille entre nous, tous déguisés en vert et le cul à l’air, petit mec.
On veut rien risquer, on n’est pas des extrémistes de la naissance naturelle accroupie sur le tapis Ikéa du salon. On a confiance.

Et quand le petit rebelle a décidé de faire mieux que sa soeur, et qu’il a vidé l’eau de la baignoire un mois avant la date prévue, on s’est dit en riant que c’était un petit fou. Et quand son petit cœur a joué à cache-cache avec le monito. Et quand il s’est échappé de la baignoire en oubliant d’emporter son placenta. Et quand il s’est caché au milieu des intestins de Maman. Et quand il a réclamé un massage cardiaque avant d’embrasser sa reum. Et quand il a imité Dark Vador dans sa couveuse de réanimation néonatale.

Et quand il a failli mourir. Mon petit aventurier.
Dire qu’on avait confiance.

Et quand il a su respirer seul. Quand il a enfin offert son petit cou au nez de sa Maman. Et quand on est rentré chez nous tous les 4. Quand on a visité tous les hôpitaux jusque Paris pour ne rien louper. Quand on a enchaîné les rdv, partout, plusieurs fois par semaine. Quand il a marché. Quand il a dit Maman. Quand il me sourit. Mon fils. Mon Gabin.

Tu me connais peut être un peu mieux. Je suis cette fille sur 10 qui peut pas s’empêcher de partager des articles sur les sujets crado. Je suis cette fille pas très discrète, pas très polie, pas très délicate, qui ponctue chaque phrase par un putain ou un fuck. Je suis cette fille un peu commune, qu’on remarque pas, et c’est très bien.
Je suis cette fille un peu triste parfois, sans trop savoir pourquoi. Parce que j’ai mis 18 mois à pondre ce texte là. Parce que j’y arrive pas. Parce que la colère me quitte pas. Parce que je m’en veux. Parce qu’on avait fait confiance. Et qu’il faut pas.

Et je leur apprendrai ça, à mes rebelles, et à leur Papa danseur de rock acrobatique.
La confiance, d’abord, en soi.

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3 Responses
  • Clem et El Flofessor
    mai 31, 2018

    ❤️❤️❤️❤️

  • Elise la baleine 🐳
    mai 31, 2018

    Tu es une warrior ! Mais vive le rock acrobatique – dixit celle qui a rempilé pour un troisième cycle de ventre en ballon de baudruche taille XXL !

  • Mag
    mai 31, 2018

    Et même avec une double dose de paillettes, la « mum of two Bis » bah elle chiale !
    Même si mon histoire n’a pas été aussi douloureuse, mais un peu quand même (bah ouais faut souffrir qui paraît !) elle m’a aussi appris à pas toujours faire confiance, à part en moi, en mon Homme et dans le rock acrobatique ! Pis c’est vrai que plus tu t’entraînes plus ça marche 😁😁
    Bravo pour tes mots, qui rassurent celles qui souffrent, et préviens les autres.
    Et la lus belle récompense finalement c’est quand on les regarde nos bébés 😘

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